| 6 milliards d'euros Quelles sont les orientations de la politique allemande en matière d’innovation ? L’Allemagne occupe une position de tête en Europe en matière de recherche et de développement privés et pour les dépôts de brevets. En revanche, on observe des déficits notamment au niveau des universités et du financement des jeunes entreprises. Le Gouvernement fédéral allemand a défini, avec la participation de tous les ministères, une politique de l’innovation globale, prenant en compte tous les domaines politiques qui ont trait à la recherche, au développement et à l’innovation. Cette stratégie s’appuie sur quatre principes. Nous voulons en premier lieu améliorer l’environnement de l’innovation, que ce soit par des mesures fiscales, une meilleure protection de la propriété intellectuelle ou encore la débureaucratisation. En deuxième lieu, il nous faut développer l’excellence dans le domaine des technologies d’avenir et de la recherche en général, et que celle-ci soit visible au niveau mondial. C’est dans ce but que nous avons organisé un concours d’excellence pour les universités allemandes. En troisième lieu, nous devons intégrer les petites et moyennes entreprises ainsi que les jeunes entreprises dans le processus d’innovation. A cet effet, nos dispositifs de soutien les ciblent plus particulièrement en vue d’améliorer leur accès au financement. Enfin, nous misons sur une collaboration renforcée entre les milieux économiques et scientifiques et encourageons par conséquent les projets de coopération et de réseaux. Dernier point important : dans le cadre de notre stratégie de l’innovation, nous avons pour la première fois en Allemagne analysé 17 secteurs d’avenir en vue d’identifier leurs points forts et leurs déficits et de définir des pistes d’action. |
Quels objectifs chiffrés vous êtes-vous fixés à l’horizon 2010 ? Le Gouvernement fédéral allemand s’est fixé pour objectif d’augmenter, d’ici 2010, les dépenses de l’Allemagne en faveur de la recherche et du développement à hauteur de 3 % du produit intérieur brut. L’Allemagne contribuera ainsi à la réalisation de cet objectif fixé à Barcelone pour l’Union européenne. Le Gouvernement fédéral a déjà pris des mesures dans ce sens par son programme de 6 milliards d’euros en faveur de la recherche et de la technologie, programme qui avait été adopté dès la mise en place du nouveau gouvernement. Nous attendons de cette hausse des ressources un fort effet de levier, notamment sur les investissements privés dans ce domaine. Il est néanmoins nécessaire que le secteur privé et les Länder fédéraux augmentent eux aussi les ressources consacrées à la recherche, afin de pouvoir atteindre conjointement le niveau des dépenses de recherche et de développement fixé pour 2010.Confrontée à des soucis de réduction des coûts de production et de délais de conception, l’industrie réfléchit au moyen d’intégrer les sous-traitants dans un mode « cluster ». Quel rôle les grands groupes allemands ont-ils joué dans ce domaine ? En Allemagne aussi et compte tenu de la concurrence globale toujours plus forte dans des secteurs aussi importants que l’industrie automobile, électrique ou chimique ou dans certains secteurs technologiques tels que les biotechnologies, il s’est créé au cours des dernières années des clusters régionaux à la tête desquels se trouvent généralement les grandes entreprises industrielles. |
La création de clusters s’explique par le fait que la réussite de l’entreprise ne dépend pas uniquement, dans une économie globalisée, de sa propre performance, mais également de la présence dans son environnement de sous-traitants potentiels et d’autres partenaires industriels et scientifiques. Nous apportons notre soutien à ce processus de création de clusters, par exemple, dans le cadre de l’initiative « Kompetenznetze Deurtschland » (« Réseaux de compétence Allemagne »), qui rassemble les meilleurs réseaux et clusters d’innovation de l’Allemagne. La création de clusters industriels reçoit un soutien tout particulier de notre part dans les Länder de l’Est de l’Allemagne, qui ne peuvent s’appuyer sur des structures économiques établies de longue date. Propos recueillis par Alain Maurice |
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