La dynamique des pôles
est en marche !
Lancés il y a tout juste un an, les pôles ont déjà beaucoup contribué à structurer le paysage économique. Entretien avec Luc Rousseau, directeur général de la DGE.

Un an après leur lancement, quel bilan peut-on tirer de la mise en place des pôles de compétitivité ?

Les pôles ont été labellisés en 2005, fédérant au niveau local des acteurs qui avaient peu l’habitude de travailler ensemble. Il y a eu une dynamique de constitution d’équipe, et des partenariats ont été signés. 2006 a vu la naissance des premiers projets de R&D fédératifs, labellisés au sein du pôle. Cela est très structurant pour le tissu économique, tant au niveau national que local. 2007 sera charnière, avec des enjeux importants liés au développement international et aux ressources humaines mais aussi à la coopération des pôles avec le tissu financier, le milieu de la propriété intellectuelle et celui de l’intelligence économique.

La recherche et le développement, c’est la sève des pôles ?

Oui et ceux-ci doivent se développer. En effet, les pôles ne doivent pas être repliés sur eux-mêmes. Au contraire, ils doivent rayonner et tirer parti de tous les partenariats possibles. Ils doivent également avoir une interaction plus forte avec leur environnement. En premier lieu pour les ressources humaines. Il y a des savoirs faire technologiques et commerciaux nouveaux et il faut interagir avec les organismes de formation.De plus en plus, la technologie est au service de l’innovation...L’ouvrage « technologies clés 2010 » permet de cerner les technologies importantes pour le tissu industriel français à l’horizon 2010.

C’est un outil important notamment pour diffuser les technologies innovantes dans un tissu d’entreprises pour avoir un avantage compétitif par rapport aux concurrents, notamment étrangers. Coordonné par la DGE, ce produit a fait appel à des scientifiques et à des experts du secteur industriel. L’objectif est d’aider les entreprises françaises à arriver les premières sur les nouveaux marchés.

Le prochain forum qui se tient à Strasbourg le 14 décembre s’adresse aux acteurs qui gravitent dans l’univers des innovations thérapeutiques.

En quoi les biotechnologies constituent-elle un enjeu fondamental pour l’avenir ?

Nous avons principalement trois domaines de technologies clés : les technologies de l’information (la révolution numérique), les biotechnologies (plus d’un médicament nouveau sur deux en est issu) et les nouveaux matériaux, notamment les nanomatériaux. Dans le domaine de la santé, les évaluations sont spectaculaires.


Luc Rousseau

 

Depuis plusieurs décennies, la durée de vie s’est allongée d’un trimestre par an. Toute l’approche médicale y contribue, l’hygiène également. Demain, la réponse thérapeutique aux maladies sera adaptée en fonction du patrimoine génétique individuel. La médecine de demain sera plus personnalisée, plus efficace, mieux ciblée, et avec moins d’effets secondaires. Les biotechnologies, quant à elles, vont apporter de nouvelles réponses. Très performantes, elles s’inspirent du monde du vivant et de la biodiversité. Par exemple, pour l’après- pétrole, pour avoir une chimie moderne, on s’inspirera beaucoup des biotechnologies en utilisant des molécules plus complexes ou mêmes des organismes vivants, pour produire de façon plus propre et plus économe des nouveaux produits. Ainsi, les biocarburants de la deuxième génération, avec des rendements énergétiques à l’hectare deux à trois fois supérieurs plus performants, utiliserons les biotechnologies.

Propos recueillis par Ariane Warlin