France-Allemagne : les piliers du pôle
Engendrer une synergie optimale, au sein d’un même territoire, entre entreprises, centres de formation et unités de recherche, telle est l’essence même du pôle de compétitivité afin de répercuter au-delà de ses frontières nationales visibilité, reconnaissance et attractivité.
A l’heure de la mondialisation, le couple franco-allemand témoigne de la réussite des synergies mises en place entre états membre de l'Union.

Depuis 2002 l'état francais, notament au travers de l’action du Ministre délégué à l’Industrie, a profondément encouragé l’innovation au sein des pôles de compétitivité. Aujourd’hui le territoire français compte 6 pôles mondiaux et 10 pôles à vocation mondiale voués à terme à atteindre l’excellence.

Le pôle Innovations Thérapeutiques est l’un de ces derniers, et l’avenir semble lui sourire.Force est toutefois de constater que la France ne peut à elle seule relever le défi de la compétitivité face aux mutations économiques mondiales et face à la concurrence de pays émergents. En effet, le mouvement des pôles prend forme dans un contexte d’internationalisation croissante des activités. Si les multinationales profitent des avantages comparatifs des différents clusters au niveau local, elles développent des stratégies globales qui transcendent les frontières des systèmes nationaux d’innovation et nouent des alliances stratégiques en matière de recherche et développement au niveau européen ou mondial.

La stratégie française des pôles de compétitivité entre désormais dans un cadre européen, celui notamment des Conseils de Lisbonne en mars 2000 et de Göteborg en juin 2005. Les Forums de financement, actifs depuis mars 2006, dont celui de Strasbourg le 14 décembre prochain, sont l’illustration parfaite de la nécessité de faciliter le développement des PME innovantes et la rencontre entre partenaires européens potentiels. Le cluster transnational BioValley, qui associe entreprises et institutions du domaine Vie et Santé dans la région tri-nationale franco-germano-suisse,



labellisé pôle à vocation mondiale, participe à cette logique. Un lien transfrontalier renforcé par l’accueil à Strasbourg en juin 2007 du TGV Est Européen, et dans les années à venir par l’Interconnexion ICE et TGV Rhin-Rhône.
Autre exemple, le partenariat OpTec Berlin-Brandebourg OpticsValley Ile-de-France, plate-forme d’échanges technologiques entre les deux régions. L’Allemagne a mis en place depuis 1995 des pôles de com-pétitivité dans sept Länder, dans les secteurs de l’énergie, des transports et de l’aéronautique, soit 96 réseaux de compétences labellisés ou Kompetenznetze lan-cés en 1998 par le Ministère fédéral de l’Education et de la Recherche.

Un couple moteur en Europe


Moteur de la construction européenne, le couple franco-allemand est à la source du projet Eurêka qui compte aujourd’hui 34 pays membres, complément européen incontournable des pôles de compétitivité. Un programme qui soutient l’objectif fixé à Barcelone de parvenir en 2010 à une dépense totale de recherche équivalente à 3 % du PIB. Eurêka est complémentaire des autres instruments de l’Espace européen de la recherche, soit le programme-cadre de recherche-développement technologique (PCRDT) et le programme de coopération scientifique et technique.

Les pôles sont ainsi constamment tournés vers la recherche de nouveaux partenariats à l’échelle européenne favorisés par les po-litiques communes. Le 29 juin 2006, le cluster allemand SafeTrans et le pôle de compétitivité mondial System@tic Paris Région ont signé un partenariat dans le domaine des systèmes embarqués critiques pour les transports. Ce partenariat s’inscrit dans le cadre d’EICOSE, (European Institute for Complex & Safety Critical Embedded Systems Engineering), futur candidat au statut de Center of Excellence (CoE) d’Artemis. Les mêmes exigences de compétitivité sont une des préoccupations du couple dans le secteur énergétique, l’espace et l’économie numérique. Une Silicon Valley des biotechIncontestablement favorisée par sa proximité géographique et historique, la coopération franco-allemande s’illustre dans le projet Heartbeat of Life Sciences in Europe – Meuse Rhine Triangle où plus de 300 entreprises des sciences de la vie et cinq universités sont implantées dans cette région frontalière de l’Allemagne, de la Belgique et des Pays-Bas, subventionnées par l’Union Européenne, afin d’en faire

 

une Silicon Valley des techniques médicales et des biotechnologies.

L’agence de développement économique régional AGIT coordonne le projet depuis le centre de technologie installé sur la place de l’Europe, à Aix-la-Chapelle.Un réseau franco-allemand en technologies aéronautiques et spatiales est également initié afin de constituer un maillon public/privé - industrie aérospatiale, universités, grandes écoles et d’instances de formation professionnelle et continue - entre la région Midi-Pyrénées et celle de Hambourg. Même initiative vers les technologies photoniques avec la création du réseau RhenaPhotonics pour un environnement favorable et attractif des activités en optique et photonique dans la région du Rhin Supérieur.Cette volonté européenne d’extension des stratégies de coopération inter-membres à l’échelle des pôles de compétitivité régionaux, souvent couronnées de succès, pose de nouvelles problématiques : celle du redéploiement industriel, de l’amélioration de la coordination, de la nécessité de faire émerger de nouvelles activités à forte visibilité internationale, de remédier aux retards en matière d’innovation, de favoriser l’emploi et de lutter contre les délocalisations.

Marianne Birkmaier